LOM ou la mobilité face aux enjeux climatiques !

Mardi 17 septembre, après bien des heures de débat, nous avons voté à une large majorité la loi dite LOM sur les mobilités. Car désormais on ne parle plus de transports, on priorise la ou plutôt les mobilités ; c’est-à-dire qu’on pense services avant infrastructures ! C’est un grand changement de mentalité.

4 ambitions ont été affichées : résoudre le manque de moyens de transports dans les territoires ruraux, répondre à l’urgence environnementale et climatique, engager des investissements pour les transports du quotidien et développer de nouvelles offres de mobilités.

Le rôle des régions a été renforcé pour coller au plus près des besoins des citoyens.  La région  devient le chef de file, en sa qualité d'Autorité organisatrice de la mobilité (AOM).

En partenariat avec les intercommunalités, les régions s’emploieront à  donner des solutions de mobilité à chacun et lutter contre les fractures territoriales, avec une attention particulière aux territoires ruraux : co-voiturage, transports à la demande, possibilités d’ouvrir les cars scolaires à d’autres passagers.

Concernant le vélo, il est nécessaire de développer l’intermodalité vélo-trains-autocars en fonction des réalités locales, via, par exemple, le renforcement de la sécurité du matériel et des cyclistes, ou l’obligation d’équiper les autocars pour transporter des vélos.  Un fonds vélo de 350 millions d’euros, assurera le financement d’un tel plan.

Concernant la neutralité carbone dans le secteur des transports, le texte prévoit la décarbonation complète du secteur des transports en 2050 grâce à deux objectifs intermédiaires : la promotion de la vente des véhicules légers à faibles et très faibles émissions d’ici 2030 puis la fin de la vente des véhicules émettant des énergies fossiles en 2040.

Les communes ou EPCI dans lesquels les normes de qualité de l’air sont régulièrement dépassées devront mettre en œuvre une Zone à faibles émissions – ZFE –  afin d’obtenir un air plus respirable, avant fin 2020. Cette ZFE permettra aux collectivités de limiter la circulation aux véhicules les moins polluants.

En cas de dépassement du seuil d'alerte lors de pic de pollution, des restrictions de circulation pourront être mises en place par le Préfet.

Meilleure prise en compte de la pollution sonore, 13,4 milliards d’euros d’investissements prévus par l’État dans les transports durant le quinquennat (+4 millions), un forfait mobilité durable jusqu’à 400 euros par an pour aller au travail en covoiturage ou à vélo, la mobilité domicile-travail mise au cœur du dialogue social dans les entreprises, la prise en charge des frais de carburant renforcée et doublée pour les recharges électrique ou hybride pour ceux qui n’ont pas accès aux transports en commun, et faciliter les déplacements des personnes handicapées : la liste est longue et non exhaustive, tant le travail législatif est allé en profondeur.

Concernant la gestion des petites lignes ferroviaires, importante pour l’aménagement territorial, elle sera confiée aux régions : l’infrastructure des lignes leur sera transférée.

Le train pour désenclaver, c’est un vrai sujet dans le Béthunois. On sait très bien que son développement économique est lié à des liaisons vers Lille et Paris. Un vrai cadencement vers la métropole régionale, afin qu’on n’ait plus à se poser la question de prendre son véhicule serait bénéfique. Des dessertes directes ou a minima rapides vers Paris sont indispensables pour brancher Béthune sur la capitale et servir les grandes entreprises comme Bridgestone ou VNF.

La convention TER de la Région Hauts-de-France, actuellement en cours de négociation avec la SNCF, est une étape primordiale, pour améliorer la mobilité. Avec la région PACA, nous sommes en effet  les plus mal lotis en termes de performance, malgré un budget de fonctionnement très lourd. Et donc peu armés pour l’ouverture à la concurrence. C’est la raison pour laquelle le Président Xavier Bertrand a demandé à juste titre,  à la SNCF de revoir plusieurs fois sa copie.

Par ailleurs, sur le terrain, on n’est pas inactif ;  le Comité Grand Béthune, présidé par Philippe Burnage a organisé, en partenariat avec la Mission Ecoter, mardi 17 septembre  les Assises de la mobilité à l'échelle des villes moyennes pour étudier le cas de Béthune.

Des échanges intéressants, des expériences et des solutions à mettre en œuvre pour sortir du tout voiture, apaiser la ville, désenclaver l’agglomération et faciliter les liaisons douces. La mobilité de demain sera plus partagée, plus durable, plus solidaire, et s’adaptera aux transformations sociétales comme le recours plus important au télétravail.

Innover, s’adapter, simplifier, accompagner  pour le bien de tous, a été la voie empruntée par cette Loi d’Orientation des Mobilités, dont on attendra avec impatience les décrets d’application.

 

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