Modernisation de la loi sur la Presse

Passe-moi le journal s’il te plaît !

Cette phrase était très familière il n'y a pas si longtemps encore, dans un bistrot de ville ou dans un café de village, ou tout simplement à la maison.

Une phrase qui amorce un échange, signifie partage, une phrase synonyme de lien social… qui nous fait tant défaut.

De moins en moins de français achètent leur journal le matin pour obtenir les nouvelles et n’ont plus l’occasion de les commenter ensemble. Ils découvrent l'information devant leurs écrans, au mieux la télévision familiale, au pire, de plus en plus souvent seuls devant leurs ordinateurs.

Le maillage des points de vente des 6000 titres dans les territoires est fondamental pour leur cohésion, au moment où nous voulons redonner vie à ces lieux d’échange et de partage, que sont les centres-villes, et les villages.  

La presse nationale, les quotidiens régionaux, les magazines spécialisés ou non, environ 6.000 titres sont proposés aujourd’hui à la vente et dans les lieux de vente.

Il faut rappeler par ailleurs, que plus de 20% de nos concitoyens sont en situation l’illectronisme, c’est-à-dire qu’ils n’arrivent pas à utiliser les moyens d’accès numériques.

Couper ce lien social qu’incarne la presse écrite, c'est favoriser le repli sur soi de 20% de nos concitoyens.

Nous devons aussi valoriser l’usage de la presse papier pour des raisons environnementales. Loin des idées reçues qui circulent, le papier est une matière végétale et est vertueux en termes d’environnement et d’empreinte carbone : la presse française utilise soit du papier recyclé, pour les journaux, soit du papier certifié pour les magazines.

Le papier peut être recycler jusqu’à six fois. Le taux de recyclage du papier est de 59%, quand celui des équipements numériques n’est que de 12%. Et la lecture sur numérique engendre une grande consommation d’électricité.

Pour des raisons cognitives :  enfin, si le numérique apporte l’information instantanée, lire sur papier permet d’approfondir sa réflexion, une prise de recul par rapport à l’actualité. Il a été prouvé que l’attention, la mémorisation sont supérieures quand nous lisons sur papier.

En outre, la presse papier permet de se détacher d’une addiction stimulée par les réseaux sociaux.

Par ailleurs, on sait qu’il faut bannir les écrans pour les tous petits et les éviter jusqu’à 6 ans. Promouvoir et inciter les jeunes à lire de la presse jeunesse est indispensable.

Bien que cela puisse paraître surprenant, le support papier est du reste plébiscité par nombre d’entre eux.  Pour 83% des 15-25 ans le format papier reste le principal support de lecture, 47% le support exclusif. 55% des 1-19 ans lisent au moins un titre de presse jeunesse.

"Si la lecture de la presse sur support numérique gagne de plus en plus de terrain, avec l'évolution des usages, la lecture de la presse sur papier doit être valorisée lors des discussions sur une loi attendue comme celle d'aujourd'hui."

Je souhaite en terminant, attirer votre attention sur l’écosystème qui est en amont de la distribution et qui a mon sens, devrait être intégré à la filière que vous évoquez monsieur le Ministre.  Ses coûts excessifs ont fragilisé les éditeurs de presse qui se retournent vers leurs prestataires, imprimeurs, et façonniers pour obtenir en amont les réductions compensant les hausses exigées et imposées en aval.

Toute la chaine de fabrication est impactée et les turbulences – pour être pudique - sont très nombreuses.

Je forme le vœu que l’écosystème puisse tenir jusqu’en 2023.

Pour le législateur, 2023 c’est demain.

Pour les entreprises c’est désormais du long terme.

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